La Garde contre le chien : le contrat le plus ambitieux du tarot

La Garde contre est le sommet des enchères. Ici, non seulement le preneur se prive du chien, mais il l'abandonne à ses adversaires. Un défi que l'on ne relève qu'avec une main quasi imbattable. Voici ce qui fait de ce contrat le plus rare et le plus spectaculaire du jeu.

Jeu de tarot français de 78 cartes — La Garde contre le chien : le contrat le plus ambitieux du tarot

Qu'est-ce que la Garde contre au tarot ?

La Garde contre le chien, ou « Garde contre », est le quatrième et dernier contrat, le plus élevé de tous. Sa règle est radicale : le chien n'est pas seulement mis de côté, il est attribué à la défense. Les points qu'il contient iront donc aux adversaires du preneur, et non à lui.

C'est l'inverse exact des autres contrats. En Petite et en Garde, le chien aide le preneur ; en Garde sans, il lui appartient sans qu'il le voie ; en Garde contre, il joue contre lui. Ce handicap explique le coefficient maximal du contrat : 6.

Un handicap majeur : le chien à l'adversaire

Donner le chien à la défense n'est pas anodin. Le chien contient en moyenne plusieurs points, parfois un roi ou même un bout. En Garde contre, tous ces points renforcent le camp adverse au moment du décompte. Le preneur part donc avec un désavantage : il doit atteindre son objectif sans ces points, qui en plus profitent à l'ennemi.

Comme en Garde sans, il n'y a pas d'écart : le preneur joue sa main d'origine. Mais ici, la difficulté est encore supérieure, puisque le chien ne lui rapporte rien et alourdit le score de la défense.

Le contrat le plus rare

La Garde contre est exceptionnelle : on peut jouer des dizaines de parties sans en voir une seule. Elle exige une main si dominante que le preneur est presque certain de rafler l'immense majorité des plis.

Quand oser une Garde contre ?

Seule une main exceptionnelle justifie une Garde contre. Les conditions :

C'est un pari à haut risque et à haute récompense. Une réussite en Garde contre rapporte énormément ; une chute au coefficient 6 est une catastrophe. Avant de se lancer dans un tel contrat, mieux vaut avoir chiffré ses chances : c'est exactement ce que propose l'outil d'analyse d'app-tarot.fr.

Cartes et joueurs de tarot français illustrant La Garde contre le chien : le contrat le plus ambitieux du tarot

Le calcul d'une Garde contre

Le score suit la formule habituelle, avec le coefficient maximal de 6 : (25 + écart + petit au bout) multiplié par 6, plus les primes. Tout est donc six fois plus élevé qu'en Petite. Les points du chien, eux, sont comptés dans le camp de la défense, ce qui influe sur l'écart final.

À quatre joueurs, le preneur reçoit ou paie trois fois ce montant colossal. C'est le contrat où une seule donne peut peser lourd sur le score d'une soirée entière.

Exemple : une main de Garde contre

Pour oser une Garde contre, il faut une main qui frôle la perfection. Un exemple : le 21, le Petit, l'Excuse, treize atouts dont toutes les têtes de 15 à 21, trois rois et deux couleurs coupées. Avec un tel jeu, le preneur rafle pratiquement tous les plis : sa domination de l'atout est écrasante, ses rois tombent à coup sûr, et ses coupes lui permettent de remporter les couleurs adverses.

Dans ces conditions, abandonner le chien à la défense n'empêche pas de gagner : le preneur réalise tellement de points par ses propres plis que le renfort adverse ne suffit pas à le faire chuter. C'est précisément le seul cas de figure où la Garde contre se justifie. En dehors de ces mains d'exception, l'annoncer relève de l'imprudence.

Pourquoi la Garde contre est si redoutée

Le coefficient 6 fait de la Garde contre le contrat le plus lourd de conséquences. Une réussite peut à elle seule décider d'une soirée, tant les points s'accumulent. Mais une chute est tout aussi mémorable, dans le mauvais sens : le preneur paie six fois le montant de base à chacun de ses trois adversaires. C'est pourquoi ce contrat inspire un respect mêlé de crainte, et pourquoi les joueurs expérimentés ne le tentent qu'à bon escient. Avant de se lancer, chiffrer ses chances avec l'outil d'analyse d'app-tarot.fr évite bien des déconvenues.

Les quatre contrats en un coup d'œil

ContratLe chienCoefficient
PetitePris et vu par le preneur×1
GardePris et vu, enjeu doublé×2
Garde sansAu preneur, mais non vu×4
Garde contreÀ la défense×6

Garde contre et Garde sans : ne pas confondre

Ces deux contrats se ressemblent : dans les deux cas, le preneur ne voit pas le chien et ne fait pas d'écart. Mais une différence capitale les sépare : le sort du chien au décompte.

ContratÀ qui reviennent les points du chien
Garde sans le chienAu preneur, mais il ne les voit pas avant le décompte
Garde contre le chienÀ la défense, qui encaisse ces points

En Garde sans (coefficient 4), le chien travaille encore pour le preneur, même s'il en ignore le contenu : ces points s'ajoutent à son total final. En Garde contre (coefficient 6), c'est l'inverse : le chien devient un renfort pour l'adversaire. Voilà pourquoi la Garde contre est plus chère et plus rare : le preneur ne se prive pas seulement d'une aide, il l'offre au camp d'en face.

Un calcul de score détaillé

Reprenons la formule : (25 plus l'écart plus l'éventuel petit au bout) multiplié par le coefficient, plus les primes. En Garde contre, le coefficient vaut 6. Supposons un preneur qui tient son contrat avec un écart de 15 points, sans prime : son score de base est de (25 plus 15) multiplié par 6, soit 240 points par joueur.

À quatre joueurs, le preneur affronte trois défenseurs : il reçoit donc 240 points de chacun, soit 720 points au total. Mais si le même contrat échoue avec un déficit de 15 points, le preneur paie 240 points à chacun des trois adversaires, soit 720 points perdus d'un coup. Une seule Garde contre peut ainsi décider du classement d'une soirée entière. C'est ce vertige qui fait tout le sel, et tout le danger, du contrat suprême.

Astuce

Avant de vous lancer, comptez vos atouts maîtres et vos bouts. En dessous de onze ou douze atouts dominés par les têtes, et sans au moins deux bouts, la Garde contre relève du coup de poker : le renfort du chien à la défense suffira souvent à vous faire chuter.

La Garde contre dans la hiérarchie des enchères

Les quatre contrats forment une échelle croissante d'ambition et d'enjeu : Petite (coefficient 1), Garde (coefficient 2), Garde sans le chien (coefficient 4) et Garde contre le chien (coefficient 6). À chaque échelon, le preneur profite un peu moins du chien et risque un peu plus. La Garde contre est le dernier barreau, celui où le chien passe carrément dans le camp adverse.

Il faut souligner un point souvent mal compris : l'objectif reste identique quel que soit le contrat. Un preneur avec deux bouts vise toujours 41 points, en Petite comme en Garde contre. Ce qui change, c'est uniquement le coefficient, donc le poids du résultat. La Garde contre n'exige pas plus de points que les autres : elle rend simplement chaque point gagné ou perdu six fois plus lourd, tout en privant le preneur des points du chien.

Erreurs fréquentes en Garde contre

Questions fréquentes sur la Garde contre

Qui récupère le chien en Garde contre ?

La défense. Les points du chien vont aux adversaires du preneur, ce qui fait de ce contrat le plus difficile.

Quel est le coefficient d'une Garde contre ?

Le coefficient est de 6, le plus élevé du jeu. Il multiplie d'autant les gains et les pertes.

La Garde contre est-elle fréquente ?

Non, c'est le contrat le plus rare. Il faut une main exceptionnelle pour l'annoncer sans imprudence.

Y a-t-il un écart en Garde contre ?

Non. Le preneur joue sa main d'origine ; le chien ne lui appartient pas, il revient à la défense.

Quelle différence avec la Garde sans ?

Dans les deux cas le preneur ne voit pas le chien, mais en Garde sans les points du chien lui reviennent, alors qu'en Garde contre ils vont à la défense. Le coefficient passe de 4 à 6.

L'objectif est-il plus élevé en Garde contre ?

Non. L'objectif dépend uniquement des bouts (36, 41, 51 ou 56), pas du contrat. Seul le coefficient, donc l'enjeu, augmente.