Le pli au tarot : l'unité de base du jeu

Toute la partie se joue pli après pli. Chaque tour de table forme une levée que quelqu'un remporte, et ces plis, accumulés, décident du sort du contrat. Comprendre comment se gagne un pli, c'est comprendre la mécanique fondamentale du tarot. Voici l'essentiel.

Jeu de tarot français de 78 cartes — Le pli au tarot : l'unité de base du jeu

Qu'est-ce qu'un pli au tarot ?

Un pli, aussi appelé levée, est l'ensemble des cartes posées par tous les joueurs à un même tour : une carte par personne. À quatre joueurs, un pli compte donc quatre cartes ; à cinq joueurs, cinq cartes. Une donne complète est une succession de plis, jusqu'à ce que toutes les cartes des mains soient jouées.

Le pli est l'unité de base du jeu : c'est en remportant des plis, et surtout des plis chargés de points, que l'on gagne. Celui qui remporte un pli ramasse les cartes et les met de côté, dans les plis de son camp, où elles seront comptées à la fin.

Comment se remporte un pli ?

La règle de résolution d'un pli est simple mais fondamentale :

Autrement dit, un simple atout bat n'importe quel roi ; mais entre cartes d'une même couleur, c'est la hiérarchie habituelle qui joue (le roi bat la dame, qui bat le cavalier, etc.).

Un exemple

Le pique est entamé. Un joueur pose le roi de pique, un autre le 10, un troisième, n'ayant plus de pique, coupe avec le 3 d'atout. C'est ce petit atout qui remporte le pli, devant le roi : l'atout prime toujours sur la couleur.

Qui entame le pli suivant ?

Une règle enchaîne les plis : le gagnant d'un pli entame le suivant. Il choisit alors la carte, et donc la couleur, que les autres devront fournir. Ce droit d'entamer est un pouvoir tactique : il permet de diriger le jeu, d'attaquer une couleur choisie ou de mener l'atout.

Conserver la main, c'est-à-dire enchaîner les plis gagnés, permet de dérouler son plan sans laisser l'adversaire reprendre l'initiative. Perdre la main, à l'inverse, c'est subir les choix du camp adverse.

Cartes et joueurs de tarot français illustrant Le pli au tarot : l'unité de base du jeu

Les plis et le décompte

À la fin de la donne, on ne compte pas les plis eux-mêmes, mais les points des cartes qu'ils contiennent. Un pli chargé de figures et de bouts vaut cher ; un pli de basses ne rapporte presque rien. C'est pourquoi remporter beaucoup de plis ne suffit pas : il faut remporter les bons plis, ceux qui contiennent les points.

Le camp de l'attaque additionne les points de ses plis (plus l'écart ou le chien selon le contrat), et on compare ce total à l'objectif du preneur. Tout se joue donc, en dernière analyse, dans la répartition des plis entre les deux camps.

Bien jouer ses plis

Quelques principes guident la conduite des plis :

L'entame et l'obligation de fournir

Chaque pli commence par une entame : le joueur qui a la main pose une première carte, qui fixe la couleur demandée. Les autres joueurs doivent alors respecter des règles précises de fourniture :

Ces obligations donnent au pli toute sa mécanique : on ne joue pas la carte que l'on veut, mais celle que la règle impose. C'est ce qui rend le tarot si tactique, car chaque entame contraint les adversaires à révéler ou à sacrifier des cartes.

La hiérarchie des cartes dans un pli

Pour savoir qui remporte un pli, il faut connaître l'ordre de force des cartes. À l'intérieur d'une couleur, la hiérarchie descend du roi à l'as ; chez les atouts, elle va du 21 au 1.

Famille de cartesOrdre de force décroissant
Une couleur (cœur, carreau, etc.)Roi, Dame, Cavalier, Valet, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, As
Les atouts21, 20, 19, ... jusqu'au 1 (le Petit)

Un atout, même le plus petit, l'emporte toujours sur n'importe quelle carte de couleur, roi compris. Entre deux atouts, c'est le numéro le plus élevé qui gagne : le 21 est ainsi l'atout maître absolu, invincible dès qu'il est joué. Entre deux cartes de la même couleur, le roi domine, puis la dame, le cavalier, le valet, et enfin les cartes numérales de dix à un.

Le rôle de l'Excuse dans le pli

L'Excuse occupe une place à part. Cette carte se joue à n'importe quel moment, même si l'on pourrait fournir la couleur demandée : elle dispense de fournir et de couper. Mais elle ne remporte jamais le pli, quelle que soit la situation. Son propriétaire la récupère à la fin du pli et donne en échange une carte basse (une demi-carte, valant un demi-point) au camp qui a gagné la levée.

L'Excuse est donc une carte d'esquive : elle permet de ne pas fournir une carte précieuse dans un pli que l'on va perdre, tout en conservant sa propre valeur (elle compte comme un bout, 4,5 points, dans le camp de celui qui la joue). Seule exception : dans un chelem annoncé, une règle spéciale lui permet de remporter le tout dernier pli.

Compter les points d'un pli

À la fin de la donne, on ne compte pas le nombre de plis, mais les points des cartes qu'ils contiennent. Chaque carte a une valeur précise : un bout ou un roi vaut 4,5 points, une dame 3,5, un cavalier 2,5, un valet 1,5, et toute autre carte 0,5. Le total des 78 cartes s'élève à 91 points.

Un pli chargé de figures et de bouts peut donc valoir très cher. Prenons un exemple : un pli où tombent le roi de cœur (4,5), la dame de cœur (3,5), un cavalier (2,5) et une basse (0,5) vaut à lui seul 11 points. À l'inverse, un pli composé de quatre basses ne rapporte que 2 points. Voilà pourquoi remporter beaucoup de plis ne suffit pas : il faut remporter les bons plis, ceux qui sont lourds de points.

Les cartes se comptent par deux

Au tarot, on additionne les points par paires : une figure (nombre entier et demi) plus une basse (0,5) donnent un compte rond. C'est une commodité de calcul : le total de 91 points se répartit ainsi facilement entre les deux camps.

Maîtriser la conduite des plis

Bien mener ses plis, c'est diriger le jeu. Celui qui remporte un pli entame le suivant, et ce droit d'entamer est un pouvoir considérable. Quelques principes structurent une bonne conduite :

Erreurs fréquentes sur les plis

Questions fréquentes sur le pli

Pli et levée, est-ce la même chose ?

Oui. « Pli » et « levée » désignent le même ensemble de cartes jouées à un tour.

Un atout bat-il toujours une couleur ?

Oui. Même le plus petit atout l'emporte sur n'importe quelle carte de couleur, roi compris.

Que se passe-t-il si l'Excuse est jouée dans un pli ?

Elle ne remporte jamais le pli, mais revient à son propriétaire, qui donne une carte basse en échange au camp gagnant.

Combien de plis compte une donne ?

Autant que de cartes par joueur : dix-huit à quatre joueurs, quinze à cinq joueurs, vingt-quatre à trois joueurs.

Suis-je obligé de couper si je n'ai pas la couleur ?

Oui. Si vous ne possédez pas la couleur demandée, vous devez jouer un atout ; vous ne pouvez vous défausser que si vous n'avez ni la couleur ni d'atout.

Combien vaut un pli en points ?

Cela dépend des cartes qu'il contient : un roi ou un bout vaut 4,5 points, une dame 3,5, un cavalier 2,5, un valet 1,5, une basse 0,5. Un pli de figures vaut donc bien plus qu'un pli de basses.