Le Roi au tarot : la figure reine des couleurs

Au sommet de chaque couleur trône le Roi : la figure la plus forte, la plus riche en points, et, à cinq joueurs, celle par qui se noue le partenariat. Protéger ses rois, capturer ceux de l'adversaire : voilà l'un des grands axes du jeu. Voici tout sur le Roi au tarot.

Jeu de tarot français de 78 cartes — Le Roi au tarot : la figure reine des couleurs

Qu'est-ce que le Roi au tarot ?

Le Roi est la plus haute des quatre figures de chaque couleur. Il en existe quatre : le roi de pique, de cœur, de carreau et de trèfle. Dans sa couleur, il domine toutes les autres cartes : dame, cavalier, valet et cartes numérotées lui sont soumis.

C'est aussi la carte de couleur la plus lourde en points : il vaut 4,5 points, autant qu'un bout. À ce titre, le Roi est une pièce maîtresse, convoitée par les deux camps.

Le Roi dans la hiérarchie des couleurs

Chaque couleur compte 14 cartes : le 1 jusqu'au 10, puis quatre figures dans l'ordre croissant, le Valet, le Cavalier, la Dame et le Roi. Le Roi couronne donc cette série. Le tarot possède ainsi une figure de plus que les jeux classiques, grâce au Cavalier glissé entre le Valet et la Dame.

Cette hiérarchie détermine qui remporte un pli joué dans une couleur : la carte la plus haute l'emporte, et le Roi est toujours la plus haute. Encore faut-il qu'aucun atout ne vienne s'en mêler, car l'atout, lui, se place au-dessus de toute la hiérarchie des couleurs.

La valeur et la force du Roi

Le Roi vaut 4,5 points, le maximum pour une carte de couleur, à égalité avec les bouts. Dans sa couleur, il est imbattable : aucune autre carte de la même famille ne peut le surpasser. Il remporte donc tout pli de sa couleur, à une exception près, mais de taille : la coupe.

Le Roi n'est pas invincible

Même le plus petit atout bat le Roi. Un roi joué dans une couleur peut donc être « coupé » par un adversaire qui n'a plus cette couleur : il perd alors le pli, et ses 4,5 points passent à l'ennemi. Protéger ses rois des coupes est un enjeu constant.

Cartes et joueurs de tarot français illustrant Le Roi au tarot : la figure reine des couleurs

Les valeurs des cartes en un coup d'œil

Pour situer le Roi parmi les autres cartes, voici la valeur en points de chaque type de carte au décompte.

CarteValeur en points
Bout ou Roi4,5 points
Dame3,5 points
Cavalier2,5 points
Valet1,5 point
Toute autre carte0,5 point

On compte les cartes deux par deux pour obtenir des valeurs pratiques, et l'ensemble des 78 cartes totalise 91 points. Le Roi, à 4,5 points, pèse donc autant que le Petit, le 21 ou l'Excuse.

Protéger et capturer les rois

Puisqu'un roi vaut cher et peut être coupé, sa gestion est délicate :

Le roi sec, seul dans sa couleur, est particulièrement vulnérable : dès que la couleur est jouée, il risque de tomber. On le protège avec soin, car, contrairement à d'autres cartes, on ne peut jamais s'en débarrasser à l'écart.

On ne peut jamais écarter un roi

Une règle importante encadre le Roi : on ne peut jamais l'écarter. Après avoir pris le chien, le preneur constitue son écart en glissant des cartes de sa main sous les plis, mais il lui est interdit d'y mettre un roi, comme il lui est interdit d'y mettre un bout. Les rois restent donc obligatoirement en jeu : ils devront tôt ou tard être joués, et pourront donc être capturés. C'est ce qui fait des rois des cibles permanentes, pour l'attaque comme pour la défense.

Astuce

Un roi sec dans une couleur courte est un cadeau pour la défense : dès que cette couleur est attaquée, le roi tombe. Si vous êtes preneur, tirez d'abord les atouts pour empêcher les coupes avant de risquer un roi sec.

L'appel du roi à cinq joueurs

Le Roi joue un rôle unique au tarot à cinq joueurs : c'est par lui que le preneur se choisit un allié. Après les enchères, le preneur appelle un roi ; le joueur qui le détient devient son partenaire secret. On appelle en général un roi que l'on ne possède pas, souvent dans une couleur où l'on est faible, pour renforcer précisément ce point.

Cette mécanique fait du Roi bien plus qu'une carte à points : à cinq, il devient le pivot des alliances, et sa chute dévoile l'identité du partenaire. Notre outil Faut-il prendre ? tient compte du roi appelé dans son évaluation à cinq joueurs.

Le roi appelé et le partenaire

Le roi appelé n'est pas seulement un moyen de choisir un allié : il structure toute la donne à cinq. Tant qu'il n'est pas tombé, le camp de l'attaque reste secret : seul son détenteur sait qu'il est le partenaire. Au décompte, le preneur compte double et le partenaire simple : chaque défenseur règle une part, le preneur en reçoit deux, le partenaire une. Si le preneur appelle un roi qu'il a lui-même en main, il n'y a pas de partenaire : il joue seul contre quatre.

Les rois au décompte

Au moment de compter, chaque roi rapporte 4,5 points au camp qui l'a remporté. Avec quatre rois dans le jeu, ce sont 18 points qui se disputent, autant que quatre bouts. Réunir plusieurs rois, ou en capturer à l'adversaire, pèse donc lourd dans la balance des 91 points.

Le roi face à l'atout et à l'Excuse

Deux cartes échappent à l'autorité du Roi. La première est l'atout : dès qu'un adversaire n'a plus la couleur du roi joué, il peut couper, et n'importe quel atout, du Petit au 21, l'emporte sur le roi. La seconde est l'Excuse : cette carte spéciale se joue sur n'importe quel pli sans obligation de fournir, mais elle ne remporte jamais le pli. Un roi ne craint donc pas l'Excuse, qui ne peut pas le battre ; en revanche, le joueur qui pose l'Excuse la garde dans son camp et cède une carte basse en échange. Bien situer le roi entre ces deux exceptions évite de mal évaluer sa sécurité.

Bien jouer ses rois : conseils

La conduite des rois obéit à quelques réflexes solides :

Un roi bien géré est une source de points sûre ; un roi mal protégé est un cadeau de 4,5 points offert à l'adversaire. Toute la différence tient au moment et à la manière dont on le joue.

Le roi appelé, une couleur choisie avec soin

À cinq joueurs, le choix du roi à appeler n'a rien d'anodin. Appeler un roi dans une couleur où l'on est faible permet de compenser ce point faible grâce au partenaire, qui possède ce roi et sans doute d'autres cartes de la même couleur. Appeler dans une couleur où l'on est déjà fort renforce moins le jeu. Il arrive aussi qu'un preneur détienne trois rois et doive appeler le quatrième, ce qui désigne à coup sûr un partenaire ; ou qu'il appelle un roi qu'il possède lui-même, choisissant alors de jouer seul contre quatre. Le roi appelé est ainsi un véritable levier stratégique, bien au-delà de sa valeur en points.

Le roi sec, un danger permanent

Le cas du roi sec mérite qu'on s'y arrête, tant il coûte de points aux joueurs imprudents. Un roi est dit sec lorsqu'il est seul dans sa couleur, sans la moindre petite carte pour l'accompagner. Dès que cette couleur est attaquée, le détenteur est obligé de fournir : il n'a que son roi à poser. Si un adversaire, placé après lui, n'a plus la couleur, il coupe et capture le roi et ses 4,5 points. Comme on ne peut jamais écarter un roi, on ne peut pas s'en débarrasser à la constitution de l'écart : le roi sec reste donc en jeu, exposé.

La parade consiste à tirer les atouts avant de laisser la couleur du roi sec être jouée, ou, pour le preneur, à conserver la main afin de choisir le moment où cette couleur sortira. Un roi sec géré avec soin peut passer ; un roi sec négligé tombe presque toujours.

Le roi dans l'évaluation d'une prise

Avant de prendre, un joueur évalue sa main, et les rois y pèsent lourd. Chaque roi représente 4,5 points de couleur, mais surtout des points de couleur solides quand ils sont bien accompagnés. Une main riche en rois bien protégés est plus sûre qu'une main aux figures isolées et vulnérables. À cinq joueurs, l'évaluation intègre aussi le roi que l'on va appeler : appeler dans une couleur faible permet d'espérer un renfort du partenaire précisément là où l'on en a besoin. Ce raisonnement, mêlant valeur en points et sécurité, fait du Roi une carte centrale dès la décision de prendre ou de passer.

Questions fréquentes sur le Roi

Combien vaut un Roi ?

4,5 points, autant qu'un bout : c'est la carte de couleur la plus précieuse.

Le Roi peut-il être capturé ?

Oui, s'il est coupé par un atout : il perd alors le pli et ses points vont à l'adversaire.

Peut-on écarter un roi ?

Non. Comme les bouts, les rois ne peuvent jamais être mis à l'écart : ils restent obligatoirement en jeu.

Pourquoi appelle-t-on un roi à cinq joueurs ?

Pour se choisir un partenaire secret : le détenteur du roi appelé devient l'allié du preneur.

Combien y a-t-il de rois au tarot ?

Quatre, un par couleur, chacun valant 4,5 points, soit 18 points en tout.